Travaux sur le fond d’un puits ancien

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Travaux sur le fond d’un puits ancien

Avec calculs d’économies, taxes et explications complètes.

Comment se termine presque toujours le fond d’un puits classique ancien et traditionnel ?

C’est la partie la plus délicate, la plus critique, et celle qui détermine la durabilité et l’efficacité du puits. Le fond du puits repose sur une base solide, généralement de marne ou d’argile, de sédiments et de tourbe, mais cette base n’est pas du béton, et une erreur peut déstabiliser la paroi.

Pour un curage respectueux du puits

Pour un curage respectueux du puits, on privilégiera :

  • pompe à faible débit adaptée, comme la pompe crapaud ;
  • système manuel avec seaux en caoutchouc pour éviter l’aspiration violente ;
  • vérification régulière de la structure, en touchant les briques de la paroi du puits et en vérifiant les ouvertures de la veine, dites lumières.

Les anciennes techniques utilisaient des tamis faits de bois de saule, taillés à la main pour stopper le sable de la veine et éviter d’encrasser le puits. L’eau passe alors sans entraîner de particules, assurant ainsi la stabilité du débit.

Il faut savoir qu’il existe des exceptions à la règle, chaque puisatier ayant ses marottes, ses lubies et ses secrets. En plus, les terrains et les matériaux environnants n’étaient pratiquement jamais les mêmes ; il fallait donc de l’initiative, de l’expérience, et souvent aussi de l’imagination. Mais le travail, dans son principe initial, restait pratiquement le même, et malgré les années, je n’ai pas connaissance ou souvenir qu’un puits était raté par inexpérience.

À l’opposé de la lumière, ouverture calibrée de l’amont, il existe aussi une lumière dite de l’aval, qui est aussi calibrée. Elle est légèrement différente de celle de l’amont. Elle permet de faire remonter plus facilement l’eau au niveau des vases communicants. Cela fait partie intégrante de la panoplie des secrets des maîtres puisatiers de l’époque.

Le choix de la pompe : éviter l’erreur classique

Le plus important, c’est qu’on ne peut pas pomper plus que ce que la veine fournit. L’eau des puits traditionnels est souvent à faible débit, et il faut donc :

  • pomper seulement les 2/3 du débit de la veine, pour permettre à l’eau de se décanter naturellement ;
  • installer la pompe au ras de l’eau et la placer sur des flotteurs si le niveau d’eau dépasse les 6 à 7 mètres.

Cela permet de ne pas perturber la veine, et de préserver les filtres naturels qui se forment avec les particules en suspension.

Le mini château d’eau pour stocker l’eau du puits

Créer un mini château d’eau, en bois de palettes, avec des cuves de stockage d’eau de pluie, permet de stocker l’eau du puits et de l’utiliser à plusieurs fins :

  • arrosage, goutte à goutte par gravité ;
  • adduction d’eau à la maison : WC, douches, lave-linge, lave-vaisselle ;
  • piscine ;
  • refroidissement passif de la maison, climatisation naturelle ;
  • prévention des incendies de forêt avec un système de brumisation.

Cela permet de réduire la dépendance aux fournisseurs d’eau tout en réalisant des économies significatives sur plusieurs postes de consommation.

Note de prudence : l’eau de puits n’est pas automatiquement potable. Pour tout usage sanitaire, alimentaire ou raccordé à une habitation, il faut respecter les règles applicables, éviter toute confusion avec le réseau public et faire analyser l’eau si nécessaire.

Les économies réalisées grâce à l’eau du puits

Calculs d’économies pour une famille de 2 personnes et 4 personnes, avec piscine

Hypothèses générales pour les calculs :

  • Prix de l’eau et de l’assainissement : coût moyen de l’eau : 4,30 €/m³ TTC, comprenant eau potable, assainissement et taxes ;
  • Taxes sur l’eau : environ 20 % du coût total, incluant la TVA, la redevance pour l’Agence de l’eau et d’autres taxes sur l’assainissement ;
  • Consommation moyenne d’eau : 2 personnes : 90 m³/an ; 4 personnes : 180 m³/an ; piscine : 60 m³/an, remplissage et appoint.

Calcul des économies pour une famille de 2 personnes sans piscine

  • Consommation annuelle moyenne, eau potable + assainissement : 90 m³/an.
  • Eau remplacée par l’eau du puits, 50 % de la consommation : 45 m³/an.
  • Coût total de l’eau économisée : 45 m³ × 4,30 € = 193,50 €/an.
  • Répartition des taxes sur l’eau : 45 m³ × 0,90 € = 40,50 €/an.

Économie totale annuelle pour une famille de 2 personnes : 193,50 €/an

Dont taxes économisées : 40,50 €/an

Calcul des économies pour une famille de 4 personnes sans piscine

  • Consommation annuelle moyenne, eau potable + assainissement : 180 m³/an.
  • Eau remplacée par l’eau du puits, 50 % de la consommation : 90 m³/an.
  • Coût total de l’eau économisée : 90 m³ × 4,30 € = 387 €/an.
  • Répartition des taxes sur l’eau : 90 m³ × 0,90 € = 81 €/an.

Économie totale annuelle pour une famille de 4 personnes : 387 €/an

Dont taxes économisées : 81 €/an

Calcul des économies pour une famille avec piscine

  • Consommation annuelle totale, eau potable + assainissement + piscine : 240 m³/an.
  • Eau remplacée par l’eau du puits, 50 % de la consommation : 120 m³/an.
  • Coût total de l’eau économisée : 120 m³ × 4,30 € = 516 €/an.
  • Répartition des taxes sur l’eau : 120 m³ × 0,90 € = 108 €/an.

Économie totale annuelle pour une famille avec piscine : 516 €/an

Dont taxes économisées : 108 €/an

Total des économies sur 20 ans

Situation Économie totale sur 20 ans Dont taxes économisées
Famille de 2 personnes sans piscine 193,50 € × 20 = 3 870 € 40,50 € × 20 = 810 €
Famille de 4 personnes sans piscine 387 € × 20 = 7 740 € 81 € × 20 = 1 620 €
Famille de 4 personnes avec piscine 516 € × 20 = 10 320 € 108 € × 20 = 2 160 €

Récapitulatif des économies avec taxes incluses

Situation Total économisé Dont taxes économisées
Famille de 2 personnes sans piscine 3 870 € sur 20 ans 810 €
Famille de 4 personnes sans piscine 7 740 € sur 20 ans 1 620 €
Famille de 4 personnes avec piscine 10 320 € sur 20 ans 2 160 €

Conclusion

En utilisant un puits traditionnel, une famille peut économiser entre 3 870 € et 10 320 € sur quelques années, dont une part significative provient de l’économie des taxes sur l’eau et l’assainissement.

Ce n’est pas une petite somme, et c’est un argument de taille pour encourager les alternatives écologiques et durables dans la gestion de l’eau.

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